Calcul du solde tout compte CDI
Estimez rapidement le montant brut de votre solde de tout compte en CDI : salaire restant, indemnité compensatrice de congés payés, RTT, préavis et éventuelle indemnité de rupture.
Votre calculateur
Guide expert du calcul du solde de tout compte en CDI
Le solde de tout compte en CDI correspond à l’ensemble des sommes versées au salarié lors de la rupture du contrat de travail. Il ne s’agit pas d’une prime unique, mais d’un regroupement de droits acquis et de rémunérations dues à la date de sortie de l’entreprise. Selon la situation, on y retrouve le salaire du dernier mois, les congés payés restants, des RTT non consommés, une éventuelle indemnité de préavis, des primes proratisées et parfois une indemnité de licenciement ou de rupture conventionnelle. Comprendre chaque ligne permet d’éviter les erreurs, de comparer les montants figurant sur le reçu pour solde de tout compte et de sécuriser la fin de relation de travail.
En pratique, la difficulté vient du fait que chaque départ en CDI obéit à une logique différente. Une démission n’ouvre pas automatiquement droit à une indemnité légale de rupture. Un licenciement peut ouvrir droit à une indemnité légale ou conventionnelle, sauf certains cas particuliers. Une rupture conventionnelle implique au minimum une indemnité spécifique qui ne peut être inférieure à l’indemnité légale de licenciement. Enfin, des conventions collectives peuvent prévoir des dispositions plus favorables. Ce simulateur donne donc une estimation brute, utile pour se repérer avant de vérifier les éléments exacts sur le bulletin de paie final et les documents de sortie.
Quels éléments composent le solde de tout compte en CDI ?
Le contenu du solde de tout compte dépend de votre dossier, mais les composantes les plus fréquentes sont les suivantes :
- Salaire du dernier mois : il correspond à la rémunération liée aux jours travaillés jusqu’à la date effective de sortie.
- Indemnité compensatrice de congés payés : elle rémunère les congés acquis mais non pris.
- RTT ou jours de repos conventionnels restants : leur paiement dépend du dispositif applicable dans l’entreprise.
- Indemnité compensatrice de préavis : elle s’applique lorsqu’un préavis est dû mais n’est pas exécuté, par exemple en cas de dispense.
- Primes et éléments variables : commissions, bonus, 13e mois proratisé, prime d’objectif, etc.
- Indemnité légale ou conventionnelle de rupture : selon le motif de départ et l’ancienneté.
Comment calculer le salaire restant du dernier mois ?
Le calcul le plus courant consiste à proratiser le salaire mensuel brut en fonction du nombre de jours travaillés sur le dernier mois. Dans notre calculateur, nous utilisons la formule suivante :
Salaire restant = salaire mensuel brut x (jours travaillés / jours ouvrés du mois)
Cette méthode reste une estimation. Certaines entreprises retiennent des règles internes plus précises, par exemple une base en heures réelles, en jours ouvrables, en jours ouvrés ou en calcul horaire selon l’organisation du temps de travail. Pour un salarié à temps partiel, il faut partir du salaire contractuel brut réellement applicable.
Le calcul de l’indemnité compensatrice de congés payés
Quand les congés payés ne sont pas pris avant la fin du contrat, ils sont réglés sous forme d’indemnité compensatrice. En France, deux méthodes existent généralement : la règle du dixième et la règle du maintien de salaire. L’employeur doit appliquer la plus favorable au salarié. Comme un simulateur grand public ne dispose pas de l’historique complet des rémunérations variables sur la période de référence, il est fréquent d’utiliser une approximation fondée sur la valeur journalière du salaire mensuel. C’est le choix retenu ici pour permettre une lecture simple et cohérente.
La formule d’approximation retenue est la suivante :
Valeur journalière estimée = salaire mensuel brut / nombre de jours ouvrés du mois
Indemnité congés payés = valeur journalière x nombre de jours de congés restants
RTT, jours de récupération et compteurs spécifiques
Les RTT ne suivent pas toujours les mêmes règles que les congés payés. Selon l’accord collectif ou l’usage, ils peuvent être perdus à la fin de la période, reportés ou payés. Dans de nombreuses entreprises, les jours acquis et non consommés au moment de la rupture sont régularisés. Là encore, notre outil applique une valorisation simple, identique à la valeur journalière brute, afin de donner une vision réaliste du montant potentiellement dû.
Indemnité de préavis : quand est-elle versée ?
Le préavis est une période pendant laquelle le contrat continue à produire ses effets. Si le salarié travaille son préavis, il perçoit son salaire normalement. En revanche, si le préavis est dû mais non effectué, notamment en cas de dispense accordée par l’employeur, celui-ci doit généralement verser une indemnité compensatrice de préavis. Notre calculateur l’estime simplement en multipliant le salaire mensuel brut par le nombre de mois de préavis indemnisés.
Attention : selon le motif de rupture, les règles diffèrent. En cas de démission, si le salarié n’effectue pas son préavis avec accord de l’employeur, l’impact n’est pas le même que lorsque l’employeur impose une dispense. Il est donc essentiel de vérifier la convention collective, la lettre de rupture et la pratique de l’entreprise.
Indemnité légale de licenciement et rupture conventionnelle
Pour les licenciements ouvrant droit à indemnité et pour les ruptures conventionnelles, la loi prévoit un socle minimal. La base usuelle est de :
- 1/4 de mois de salaire par année d’ancienneté jusqu’à 10 ans ;
- 1/3 de mois de salaire par année d’ancienneté au-delà de 10 ans.
Le droit à l’indemnité légale existe en principe après une ancienneté minimale de 8 mois ininterrompus. Le salaire de référence doit être déterminé selon la méthode la plus favorable entre certaines moyennes de rémunération. Comme notre outil ne peut pas reconstituer toute l’historique salariale, il prend le salaire mensuel brut saisi comme salaire de référence. Cette approche est pratique pour un pré-calcul, mais elle ne remplace pas une vérification RH ou paie.
| Ancienneté | Formule légale minimale | Exemple avec salaire de référence de 2 500 € |
|---|---|---|
| 2 ans | 2 x 1/4 mois | 1 250 € |
| 5 ans | 5 x 1/4 mois | 3 125 € |
| 10 ans | 10 x 1/4 mois | 6 250 € |
| 15 ans | 10 x 1/4 mois + 5 x 1/3 mois | 10 416,67 € |
Ordres de grandeur utiles pour se situer
Le tableau suivant donne des ordres de grandeur purement pédagogiques. Il ne reflète pas votre dossier personnel mais aide à visualiser le poids relatif de chaque composant dans un solde de tout compte en CDI.
| Composante | Situation courante | Fourchette souvent observée |
|---|---|---|
| Salaire du dernier mois | Départ en milieu de mois | 30 % à 70 % du salaire mensuel |
| Congés payés restants | 5 à 15 jours non pris | 20 % à 70 % du salaire mensuel |
| Préavis indemnisé | 1 à 3 mois selon statut | 100 % à 300 % du salaire mensuel |
| Indemnité légale de rupture | 5 à 15 ans d’ancienneté | 1,25 à plus de 4 mois de salaire |
Étapes pratiques pour vérifier votre reçu pour solde de tout compte
- Relisez la date de fin du contrat : elle conditionne le nombre de jours à payer et le point de départ du calcul.
- Contrôlez les compteurs : congés payés, RTT, repos compensateurs, compte épargne-temps le cas échéant.
- Vérifiez le préavis : effectué, non effectué, dispensé, payé ou non payé.
- Identifiez la convention collective : elle peut prévoir une indemnité de rupture plus favorable que le minimum légal.
- Examinez les primes : certaines sont acquises prorata temporis, d’autres sont conditionnelles.
- Comparez brut et net : le montant versé peut être inférieur au brut estimé selon le régime social applicable.
- Conservez tous les justificatifs : contrat, avenants, bulletins de paie, courrier de rupture, attestation employeur, reçu et certificat de travail.
Erreurs fréquentes lors du calcul du solde de tout compte CDI
- Oublier les primes variables déjà acquises, notamment lorsque les objectifs ont été atteints avant la rupture.
- Confondre congés payés et RTT, alors que leur traitement juridique n’est pas toujours identique.
- Utiliser le mauvais salaire de référence pour l’indemnité légale ou conventionnelle.
- Négliger les fractions d’année d’ancienneté, qui doivent être prises en compte prorata temporis.
- Supposer qu’un départ en CDI donne toujours lieu à une indemnité de rupture, ce qui est faux en cas de démission classique.
Différence entre estimation brute et montant net payé
Un point souvent mal compris concerne la différence entre le montant brut et le montant net. Le simulateur ci-dessus travaille volontairement en brut, parce que les règles sociales et fiscales peuvent varier selon la nature de chaque ligne. Certaines indemnités bénéficient d’un régime spécifique, d’autres sont intégralement soumises à cotisations. Résultat : deux salariés avec le même total brut peuvent toucher des nets différents. Pour une estimation plus fine, il faut passer par un calcul de paie détaillé, ligne par ligne.
Sources officielles à consulter
Pour approfondir et vérifier vos droits, consultez les ressources officielles suivantes :
- Service-Public.fr – Reçu pour solde de tout compte
- Service-Public.fr – Indemnité légale de licenciement
- Ministère du Travail – Informations officielles sur le droit du travail
Comment utiliser efficacement ce calculateur
Commencez par renseigner votre salaire mensuel brut de référence. Indiquez ensuite votre ancienneté exacte en années et mois. Saisissez le nombre de jours travaillés sur votre dernier mois, puis le nombre de jours ouvrés du mois considéré. Complétez les compteurs de congés payés et de RTT restants, ajoutez le nombre de mois de préavis indemnisés si vous êtes dispensé de l’effectuer et n’oubliez pas les primes dues. Enfin, sélectionnez le type de départ. En un clic, vous obtiendrez un total estimatif et un graphique de répartition par poste.
Ce résultat est particulièrement utile dans trois cas : avant un entretien RH, au moment de relire le reçu pour solde de tout compte, ou pour comparer plusieurs hypothèses de départ. Vous pouvez par exemple tester une situation avec préavis exécuté, puis une autre avec préavis payé non effectué. Vous pouvez aussi mesurer l’effet de quelques jours de congés supplémentaires ou d’une ancienneté dépassant le seuil des 10 ans, qui modifie la formule de calcul de l’indemnité légale.
Conclusion
Le calcul du solde tout compte CDI exige de distinguer ce qui est systématique de ce qui dépend du motif de rupture, de la convention collective et des usages de l’entreprise. Un bon calcul repose sur une lecture méthodique : salaire restant, congés, RTT, préavis, primes, puis indemnité de rupture s’il y a lieu. Le simulateur proposé ici permet d’obtenir rapidement une estimation structurée et visuelle. Pour un montant opposable, en revanche, il faut toujours confronter le résultat aux documents de paie, au contrat de travail, à la convention collective et aux sources officielles.
Ce contenu est fourni à titre informatif. Il ne constitue ni un conseil juridique individualisé ni un bulletin de paie. En cas de litige ou d’écart significatif, rapprochez-vous d’un professionnel du droit social, de votre service RH ou d’un représentant du personnel.