Calcul Des Efforts Transmis Au Goujons Dans Les Dalles Mixtes

Calcul structure mixte acier-béton

Calcul des efforts transmis aux goujons dans les dalles mixtes

Outil de pré-dimensionnement pour estimer l’effort longitudinal transmis à chaque goujon, la résistance de calcul d’un goujon soudé, le taux d’utilisation et le nombre total de connecteurs à prévoir sur une longueur donnée selon une approche simplifiée inspirée de l’Eurocode 4.

Paramètres de calcul

Valeur de calcul du cisaillement dans la poutre mixte.
Longueur sur laquelle on répartit les goujons.
Moment statique de la partie comprimée par rapport à la fibre neutre.
Moment d’inertie de la section composite transformée.
Distance longitudinale entre deux connecteurs successifs.
Diamètres courants de goujons soudés sur profilés acier.
Utilisée pour le facteur géométrique alpha.
Valeur typique pour goujons selon EN ISO 13918.
Résistance caractéristique en compression du béton.
Valeur typique proche de C30/37.
Coefficient partiel de sécurité appliqué au goujon.
Cette page sert au pré-dimensionnement. La validation finale doit tenir compte de la dalle nervurée, de l’orientation du bac, de la fatigue, des espacements minimaux et des prescriptions nationales.

Résultats

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  • Sortie principale: effort transmis par goujon FEd,stud
  • Vérification: FEd,stud / PRd
  • Dimensionnement: nombre total de goujons sur la longueur L

Visualisation

Guide expert du calcul des efforts transmis aux goujons dans les dalles mixtes

Le calcul des efforts transmis aux goujons dans les dalles mixtes constitue l’une des vérifications essentielles de toute structure composite acier-béton. Dans une poutre mixte, les goujons soudés sur la semelle supérieure du profilé acier assurent la liaison mécanique entre l’acier et la dalle en béton. Sans eux, les deux matériaux glisseraient l’un par rapport à l’autre sous l’effet des charges, ce qui annulerait en grande partie le bénéfice du comportement composite. Leur fonction est donc simple à énoncer mais exigeante à justifier : transmettre de manière fiable les efforts de cisaillement longitudinal à l’interface acier-béton.

En pratique, les goujons doivent être capables de reprendre les efforts induits par la distribution des contraintes normales et par le gradient d’effort tranchant dans la poutre. Le dimensionnement ne consiste pas uniquement à choisir un diamètre. Il faut également vérifier la résistance unitaire du connecteur, la géométrie du goujon, la qualité du béton, l’espacement longitudinal et transversal, l’influence éventuelle d’une tôle nervurée, la ductilité de la connexion, les conditions de fatigue pour les ponts ou les ouvrages soumis à charges répétées, ainsi que la compatibilité avec le procédé de soudage.

Dans une approche courante de pré-dimensionnement, l’effort de cisaillement longitudinal réparti à l’interface peut être estimé par la relation q = VEd x Q / I, où q est exprimé en N/mm, VEd en N, Q en mm³ et I en mm⁴. L’effort repris par un goujon est ensuite FEd,stud = q x s, avec s l’entraxe des goujons en mm.

Pourquoi les goujons sont déterminants dans une dalle mixte

Une dalle mixte combine généralement trois familles d’éléments : le profilé en acier, la tôle profilée éventuellement collaborante, et le béton armé coulé en place. Le rôle des goujons est de créer le transfert d’effort entre la semelle en acier et le béton comprimé. Lorsque la poutre fléchit, l’acier tend à travailler davantage en traction et le béton en compression. Si l’on veut que ces deux matériaux participent ensemble à la résistance, il faut empêcher le glissement interfacial. C’est précisément la mission des connecteurs de cisaillement.

Plus la connexion est efficace, plus la section composite développe sa rigidité et sa résistance. À l’inverse, un nombre insuffisant de goujons ou une résistance unitaire trop faible conduit à une connexion partielle, à une réduction de la capacité portante et parfois à une augmentation des flèches de service. Dans certains cas, une connexion partielle reste admissible et économiquement pertinente, mais elle doit être explicitement justifiée par le calcul.

Principes physiques du transfert d’efforts

Le cisaillement longitudinal à l’interface découle directement de la variation des efforts normaux le long de la poutre. Dès lors qu’un moment fléchissant existe, une partie de la dalle est comprimée et le profilé acier reprend une traction ou une compression selon la fibre considérée. Cette répartition change le long de la portée, notamment sous l’effet de l’effort tranchant. Le transfert entre les matériaux se traduit donc par un flux de cisaillement, souvent noté q, qui peut être assimilé à une force par unité de longueur.

Pour une première estimation, la formule de la résistance des matériaux est très utilisée :

  • q = V x Q / I pour le cisaillement longitudinal unitaire à l’interface.
  • F par goujon = q x s si les connecteurs sont régulièrement espacés.
  • Nombre total n = longueur utile / entraxe, puis vérification de la résistance globale disponible.

Cette approche est particulièrement utile pour les phases de conception préliminaire, les études de variantes, les audits de structures et le contrôle rapide d’un maillage de connecteurs. Elle ne remplace pas les règles normatives complètes, mais elle permet d’identifier rapidement si l’ordre de grandeur retenu est cohérent.

Résistance de calcul d’un goujon selon une approche simplifiée inspirée de l’Eurocode 4

Pour les goujons à tête soudés, la résistance unitaire de calcul est souvent limitée soit par l’acier du goujon, soit par le béton environnant. Une expression simplifiée fréquemment utilisée pour le pré-dimensionnement est :

  1. Résistance côté acier : PRd,acier = 0,8 x fu x A / γV
  2. Résistance côté béton : PRd,béton = 0,29 x alpha x d² x √(fck x Ecm) / γV
  3. Résistance retenue : PRd = min(PRd,acier, PRd,béton)

Ici, A = π d² / 4, d est le diamètre du goujon, fu la résistance ultime de l’acier, fck la résistance caractéristique du béton, Ecm le module du béton et γV le coefficient partiel. Le facteur géométrique alpha dépend du rapport hauteur sur diamètre du goujon. Une valeur plafonnée à 1,0 est souvent prise avec alpha = min(1, 0,2 x (h/d + 1)).

Cette formulation est utile car elle montre immédiatement les deux leviers principaux du projet : augmenter le diamètre ou la qualité du goujon améliore la limite côté acier, tandis qu’augmenter la qualité du béton et respecter une géométrie favorable améliore la limite côté béton. Dans les bâtiments courants, il n’est pas rare que la résistance retenue soit pilotée par le béton plutôt que par l’acier du goujon.

Étapes méthodiques d’un calcul fiable

  1. Déterminer l’effort tranchant de calcul VEd dans la zone étudiée.
  2. Évaluer les caractéristiques de section nécessaires : moment statique Q et inertie I de la section composite.
  3. Calculer le flux de cisaillement longitudinal q = VEd x Q / I.
  4. Multiplier q par l’entraxe s pour obtenir l’effort transmis à un goujon.
  5. Calculer la résistance unitaire P_Rd du goujon.
  6. Comparer la demande FEd,stud à la résistance P_Rd.
  7. Dimensionner le nombre total de goujons sur la longueur utile et vérifier les espacements normatifs.
  8. Compléter si nécessaire par les effets de fatigue, de dalle nervurée, d’ancrage et de phasage de construction.

Valeurs typiques observées en bâtiment

Les projets de bâtiments composites utilisent souvent des goujons de 19 mm de diamètre avec des hauteurs de l’ordre de 95 à 125 mm, associés à des bétons C25/30 à C40/50. Les entraxes longitudinaux usuels peuvent varier entre 100 mm et 250 mm selon les zones fortement sollicitées, la géométrie de la tôle et les détails d’exécution. En conception courante, un entraxe de 150 mm constitue un point de départ fréquent dans les zones de fort cisaillement, à ajuster après calcul.

Paramètre Valeurs typiques Observation de conception
Diamètre de goujon 16, 19, 22 mm 19 mm est très répandu en charpente mixte de bâtiment.
Hauteur totale du goujon 80 à 125 mm Le rapport h/d doit rester favorable pour mobiliser la résistance complète.
Béton de dalle C25/30 à C40/50 La plupart des bâtiments tertiaires se situent entre 30 et 40 MPa.
Entraxe longitudinal 100 à 250 mm Dépend fortement de VEd, de la tôle et des règles d’espacement minimales.
Résistance ultime fu du goujon 450 MPa environ Valeur souvent retenue pour les goujons normalisés.

Exemple d’interprétation des résultats du calculateur

Supposons un effort tranchant de calcul de 450 kN, un moment statique Q de 12 000 cm³ et une inertie I de 850 000 cm⁴. Une fois converties en unités cohérentes, ces données fournissent un flux de cisaillement q. Si l’entraxe choisi est de 150 mm, on obtient l’effort transmis à chaque goujon. Cet effort est ensuite comparé à la résistance du goujon calculée à partir du diamètre, de la hauteur, de la résistance de l’acier et des propriétés du béton.

Si le taux d’utilisation est inférieur à 100 %, la vérification unitaire est acceptable dans cette approche simplifiée. Si le taux dépasse 100 %, plusieurs options s’offrent au concepteur :

  • réduire l’entraxe longitudinal des goujons ;
  • augmenter le diamètre du goujon ;
  • améliorer la classe de béton ;
  • revoir le modèle global et les hypothèses de section composite ;
  • répartir différemment les connecteurs selon les zones de cisaillement.

Comparaison de résistances unitaires de pré-dimensionnement

Le tableau suivant donne des ordres de grandeur de résistance de calcul de goujons, pour un acier à fu = 450 MPa, γV = 1,25, une hauteur suffisante pour prendre alpha proche de 1, et un béton C30/37 avec Ecm voisin de 33 000 MPa. Ces chiffres sont des estimations de travail, utiles pour comparer des variantes.

Diamètre du goujon Résistance côté acier estimée Résistance côté béton estimée Résistance retenue de pré-dimensionnement
16 mm Environ 58 kN Environ 69 kN Environ 58 kN
19 mm Environ 81 kN Environ 97 kN Environ 81 kN
22 mm Environ 109 kN Environ 130 kN Environ 109 kN

Influence de la tôle nervurée et du sens des nervures

Dans de nombreuses dalles mixtes, les goujons ne sont pas noyés dans une dalle pleine homogène mais dans une dalle coulée sur bac acier nervuré. Cette configuration modifie sensiblement le comportement du connecteur. Selon que les nervures sont parallèles ou perpendiculaires à la poutre, selon la largeur de nervure, la hauteur de tôle, le nombre de goujons par nervure et la position effective du goujon, la résistance de calcul peut devoir être réduite. C’est un point critique : un goujon théoriquement performant en dalle pleine peut perdre une fraction importante de sa capacité lorsqu’il est implanté dans une nervure étroite.

Cette raison explique pourquoi un calculateur rapide comme celui-ci doit être compris comme un outil de présélection. La vérification finale doit intégrer les coefficients de réduction propres à la géométrie du bac collaborant et les règles détaillées de l’Eurocode applicable avec son annexe nationale.

Les erreurs les plus fréquentes

  • Utiliser des unités incohérentes entre kN, N, cm³, cm⁴ et mm.
  • Prendre une résistance de goujon en dalle pleine alors que le projet comporte une tôle nervurée défavorable.
  • Négliger les espacements minimaux, les distances aux bords et les conditions de soudage.
  • Confondre résistance caractéristique et résistance de calcul.
  • Oublier la fatigue dans les ouvrages soumis à grand nombre de cycles.
  • Supposer une connexion totale sans vérifier le nombre de goujons réellement nécessaires.

Bonnes pratiques de conception et d’exécution

Une bonne conception des goujons ne dépend pas seulement du calcul. Elle repose aussi sur une exécution robuste. Les surfaces doivent être propres, les soudures adaptées au procédé retenu, les hauteurs suffisantes après soudage, et l’accessibilité pour les opérateurs doit être étudiée. De plus, dans les zones fortement chargées près des appuis, il est souvent judicieux de densifier les connecteurs plutôt que de conserver un maillage uniforme sur toute la portée. Une répartition variable permet d’optimiser l’acier et de mieux suivre l’enveloppe de cisaillement longitudinal.

Sources d’autorité pour approfondir

Pour aller plus loin et croiser les approches de calcul avec des références reconnues, consultez :

Conclusion

Le calcul des efforts transmis aux goujons dans les dalles mixtes est au croisement de la résistance des matériaux, de la mécanique de l’interface et des règles normatives de la construction mixte. Une approche rapide basée sur le flux de cisaillement q = VEd x Q / I permet d’obtenir un très bon premier diagnostic de la sollicitation unitaire de chaque connecteur. En le comparant à une résistance de calcul simplifiée inspirée de l’Eurocode 4, il devient possible d’évaluer immédiatement si le diamètre, l’entraxe et la qualité des matériaux sont plausibles.

Pour autant, la conception définitive d’une dalle mixte exige toujours une validation complète : géométrie réelle de la dalle, effet des nervures, zones d’appui, assemblages, tolérances de chantier, réglementation applicable et éventuelles exigences de feu ou de fatigue. Utilisé correctement, un calculateur comme celui-ci permet de gagner un temps considérable dans les phases d’avant-projet, de mise au point des variantes et de contrôle d’ordre de grandeur.

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