Calcul congés payé par l’AGS
Estimez l’indemnité compensatrice de congés payés en cas de procédure collective et visualisez la part potentiellement couverte par l’AGS selon le plafond applicable. Outil indicatif conçu pour comparer la méthode du maintien de salaire et la règle du dixième.
Calculateur AGS et congés payés
Utilisé pour la méthode du maintien de salaire.
Généralement la rémunération brute de la période de référence pour la règle du dixième.
Valeur modifiable si vous souhaitez simuler une autre année.
Exemples : salaires impayés, préavis, indemnités de rupture déjà pris en compte dans la limite AGS.
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Guide expert du calcul des congés payés pris en charge par l’AGS
Le sujet du calcul des congés payé par l’AGS revient très souvent lorsqu’une entreprise entre en redressement ou en liquidation judiciaire. Beaucoup de salariés savent qu’ils ont accumulé des jours de congés non pris, mais ignorent comment l’indemnité compensatrice est déterminée, dans quelle mesure l’AGS peut intervenir, et surtout comment le plafond de garantie vient limiter le paiement effectif. En pratique, il faut distinguer deux étapes : d’abord le calcul de l’indemnité compensatrice de congés payés, ensuite la vérification de la couverture AGS en fonction de la situation juridique et du plafond applicable.
L’AGS, ou régime de garantie des salaires, n’invente pas un mode de calcul spécifique des congés. Elle garantit certaines créances salariales dans le cadre légal applicable. Pour les congés payés non pris, on retient donc la méthode la plus favorable au salarié entre la règle du maintien de salaire et la règle du dixième. Une fois ce montant obtenu, il faut le comparer au plafond de garantie AGS restant disponible. Si d’autres créances salariales ont déjà consommé une partie de ce plafond, la somme effectivement couverte peut être inférieure à l’indemnité calculée.
1. Que recouvre exactement l’expression “congés payés par l’AGS” ?
Dans le langage courant, on parle de congés payés “payés par l’AGS” alors qu’en réalité l’AGS garantit une indemnité compensatrice due au salarié quand ses congés n’ont pas pu être pris ou réglés par l’employeur dans une procédure collective. Cela signifie que :
- les jours de congés déjà pris restent des congés payés ordinaires, versés selon les règles habituelles ;
- les jours acquis mais non pris deviennent une créance salariale à évaluer ;
- cette créance peut être avancée dans le cadre de la garantie AGS, sous réserve des conditions légales et des plafonds ;
- le montant versé n’est pas automatiquement intégral si d’autres créances absorbent le plafond disponible.
2. Comment calculer l’indemnité compensatrice de congés payés ?
Le droit du travail impose en principe de comparer deux modes de calcul et de retenir le plus favorable au salarié :
- La méthode du maintien de salaire : on reconstitue ce que le salarié aurait touché s’il avait pris ses congés.
- La règle du dixième : l’indemnité correspond à 10 % de la rémunération brute de référence, proratisée selon le nombre de jours restant dus.
Le calculateur ci-dessus applique une version pratique et lisible de ces deux approches :
- en jours ouvrables, il prend une base annuelle de 30 jours et un équivalent mensuel indicatif de 26 jours pour le maintien ;
- en jours ouvrés, il prend une base annuelle de 25 jours et un équivalent mensuel indicatif de 21,67 jours pour le maintien ;
- pour la règle du dixième, il répartit le dixième annuel proportionnellement aux jours non pris.
Cette méthode donne une estimation opérationnelle. Dans un dossier réel, le mandataire, l’administrateur, le service paie ou le conseil du salarié peuvent affiner selon la convention collective, les primes incluses dans l’assiette, les périodes assimilées à du temps de travail effectif et le mode de décompte retenu par l’entreprise.
| Élément de calcul | Jours ouvrables | Jours ouvrés | Observation pratique |
|---|---|---|---|
| Droits annuels complets | 30 jours | 25 jours | Correspond au minimum légal usuel sur une année complète d’acquisition. |
| Acquisition mensuelle typique | 2,5 jours | 2,08 jours | Conversion usuelle lorsque l’entreprise décompte en jours ouvrés. |
| Base indicative de maintien | 26 jours | 21,67 jours | Approximation fréquemment utilisée pour estimer le salaire journalier de congés. |
| Règle du dixième | 10 % de la rémunération brute de référence, puis prorata des jours non pris | ||
3. Exemple concret de calcul avant intervention de l’AGS
Prenons un salarié avec un salaire mensuel brut de 2 500 €, une rémunération brute de référence de 30 000 € sur la période, et 12 jours ouvrables acquis non pris.
- Maintien de salaire : 2 500 € / 26 = 96,15 € par jour, soit 1 153,80 € pour 12 jours.
- Dixième : 30 000 € x 10 % = 3 000 € pour 30 jours, soit 1 200 € pour 12 jours.
Le montant à retenir est donc 1 200 €, car la règle du dixième est ici plus favorable. C’est ensuite ce montant qui sera confronté au plafond de garantie AGS encore disponible.
4. Comment fonctionne le plafond AGS ?
Le point le plus mal compris est souvent le suivant : l’AGS ne garantit pas de manière illimitée toutes les créances salariales. La prise en charge dépend d’un plafond exprimé en multiple du PMSS, le plafond mensuel de la sécurité sociale. Le multiplicateur varie selon la date de conclusion du contrat par rapport à la date du jugement d’ouverture de la procédure. En pratique, on rencontre fréquemment trois seuils : 4 PMSS, 5 PMSS et 6 PMSS.
Le calculateur vous permet de saisir le PMSS retenu et l’ancienneté du contrat afin de simuler le plafond correspondant. À titre indicatif, avec un PMSS de 3 925 €, on obtient les plafonds suivants :
| Situation du contrat | Multiplicateur | PMSS indicatif | Plafond AGS estimatif |
|---|---|---|---|
| Contrat conclu depuis moins de 6 mois | 4 PMSS | 3 925 € | 15 700 € |
| Contrat conclu depuis 6 mois à moins de 2 ans | 5 PMSS | 3 925 € | 19 625 € |
| Contrat conclu depuis plus de 2 ans | 6 PMSS | 3 925 € | 23 550 € |
Ces montants ne signifient pas que les congés payés seront toujours intégralement réglés. Le plafond est global pour les créances concernées. Si des arriérés de salaires, une indemnité de préavis ou d’autres sommes garanties ont déjà été inscrits, la marge restante peut être très réduite. C’est pour cela que notre calculateur prévoit un champ dédié aux autres créances déjà imputées.
5. Pourquoi la part réellement couverte peut être inférieure au résultat de calcul ?
Il faut distinguer le droit du salarié et le paiement effectivement garanti. Vous pouvez avoir droit à 2 800 € d’indemnité compensatrice de congés payés, mais ne voir l’AGS couvrir que 1 400 € si le reste du plafond a été consommé. Les cas les plus fréquents sont les suivants :
- salaires impayés sur plusieurs mois avant la rupture ;
- préavis et indemnités accessoires venant s’ajouter ;
- contrat récent conduisant à un plafond de 4 PMSS au lieu de 5 ou 6 PMSS ;
- erreurs d’assiette sur la rémunération de référence ou les primes intégrables ;
- différence entre jours ouvrables et jours ouvrés dans l’entreprise.
6. Les erreurs les plus fréquentes dans le calcul des congés payés AGS
Plusieurs erreurs reviennent régulièrement dans les simulations faites par les salariés eux-mêmes :
- Oublier de comparer maintien et dixième. Beaucoup retiennent un seul mode de calcul alors qu’il faut choisir le plus favorable.
- Confondre brut et net. Les calculs de congés payés et les plafonds AGS se raisonnent en général en brut.
- Utiliser un mauvais nombre de jours. Le décompte en jours ouvrables n’est pas identique au décompte en jours ouvrés.
- Négliger les autres créances. Le plafond AGS disponible n’est pas un plafond réservé aux seuls congés payés.
- Écarter certaines primes. Selon leur nature, des primes peuvent entrer dans la rémunération de référence.
7. Comment bien utiliser ce simulateur
Pour obtenir une estimation utile, réunissez d’abord vos documents : bulletins de paie, solde de congés, contrat de travail, éventuels avenants, et toute information sur la procédure collective. Ensuite :
- saisissez le salaire mensuel brut actuellement applicable ;
- renseignez la rémunération brute de référence de la période servant à la règle du dixième ;
- indiquez les jours acquis non pris ;
- choisissez la base ouvrables ou ouvrés ;
- sélectionnez l’ancienneté du contrat pour le multiplicateur AGS ;
- ajoutez les autres créances déjà imputées si vous les connaissez.
Le résultat affiche alors :
- la méthode la plus favorable ;
- le montant brut de l’indemnité compensatrice ;
- le plafond AGS théorique ;
- le plafond restant après autres créances ;
- la part potentiellement couverte ;
- la part éventuelle restant hors plafond.
8. Que disent les références officielles ?
Pour aller plus loin, il est utile de vérifier les textes et fiches officielles sur la garantie des salaires, les procédures collectives et les règles applicables au calcul des congés payés. Voici quelques sources d’autorité à consulter :
- Legifrance – dispositions du Code du travail relatives à la garantie des créances salariales
- Ministère du Travail – informations officielles sur le droit du travail
- Ministère de l’Économie – procédures collectives et cadre général
9. Questions pratiques souvent posées
Le calculateur remplace-t-il un décompte de mandataire ? Non. Il s’agit d’une estimation pédagogique pour préparer un dossier, vérifier un ordre de grandeur ou comprendre un bulletin de créances.
L’AGS paie-t-elle automatiquement tous les congés non pris ? Non. Il faut que la créance soit garantie, déclarée et qu’elle entre dans les limites légales et de plafond.
Pourquoi le dixième est-il parfois supérieur ? Parce qu’il dépend de la rémunération de référence globale, qui peut intégrer des éléments variables, commissions ou primes, ce qui donne parfois une indemnité plus élevée que le simple maintien du salaire mensuel.
Pourquoi parler de PMSS ? Parce que les plafonds AGS sont exprimés en multiples du plafond mensuel de la sécurité sociale. Une variation annuelle du PMSS modifie donc la limite théorique de garantie.
10. Conclusion
Le calcul congés payé par l’AGS repose sur une logique claire : d’abord déterminer correctement l’indemnité compensatrice de congés payés en comparant maintien de salaire et règle du dixième, puis vérifier la capacité de couverture AGS selon le plafond applicable et les autres créances déjà garanties. Cette double lecture évite les erreurs les plus fréquentes. Le simulateur proposé ci-dessus a justement été conçu pour rendre visible cette mécanique, avec un graphique simple et une ventilation immédiate entre droit théorique, part couverte par l’AGS et reste éventuel hors plafond.