Arrêt maladie au-delà de 6 mois : calcul du paiement
Estimez vos indemnités journalières de la Sécurité sociale, le complément employeur éventuel et la perte de revenu après 6 mois d’arrêt maladie. Ce simulateur vise les arrêts de travail en France métropolitaine.
Base retenue pour l’estimation des IJSS sur les 3 derniers mois.
Le maintien employeur légal dépend de l’ancienneté.
Permet d’estimer la rémunération pendant le mois choisi.
En maladie ordinaire, les IJSS sont en principe limitées à 360 jours sur 3 ans.
Le maintien légal est souvent épuisé bien avant 6 mois, sauf convention plus favorable.
Choisissez 30 jours pour une estimation standard.
Projection visuelle mois 7 à 12
Le graphique compare le salaire brut de référence, les IJSS estimées et le complément employeur éventuel.
Comprendre le paiement d’un arrêt maladie au-delà de 6 mois
Quand un arrêt maladie dépasse 6 mois, la question du revenu devient centrale. En France, le paiement d’un salarié en arrêt longue durée repose généralement sur deux blocs distincts : les indemnités journalières de la Sécurité sociale et, dans certains cas, le complément employeur ou un maintien de salaire prévu par la convention collective. Le problème pratique est simple : plus l’arrêt se prolonge, plus le revenu versé au salarié tend à se rapprocher du seul niveau des IJSS, sauf dispositif conventionnel plus protecteur.
Le calcul n’est pas intuitif, car il dépend du motif de l’arrêt, de l’ancienneté, du salaire de référence, du plafond retenu par l’Assurance Maladie, de la durée totale de l’arrêt et des règles de maintien de salaire applicables. Beaucoup de salariés pensent qu’au-delà de 6 mois ils continuent à toucher automatiquement un pourcentage élevé de leur salaire. En réalité, ce n’est pas systématique. Dans de nombreuses situations, le complément légal de l’employeur est déjà terminé bien avant le 7e mois.
Quelle règle s’applique après 6 mois d’arrêt maladie ?
Pour un arrêt maladie dit “ordinaire”, les IJSS sont versées par la CPAM après application du délai de carence, sous réserve de remplir les conditions d’ouverture des droits. Le montant de base correspond en général à 50 % du salaire journalier de base, lui-même calculé à partir des salaires bruts des mois précédant l’arrêt, dans la limite d’un plafond réglementaire. Les IJSS supportent ensuite la CSG et la CRDS, ce qui réduit légèrement le montant net versé.
Au-delà de 6 mois, la logique change surtout dans la durée : on bascule souvent dans une lecture “longue durée” du dossier. En maladie ordinaire, la règle de référence reste la limite de 360 indemnités journalières sur une période de 3 ans. En revanche, en cas d’affection de longue durée (ALD), l’indemnisation peut être versée jusqu’à 3 ans dans certaines conditions. C’est précisément pourquoi le type d’arrêt est déterminant dans le calcul.
Le rôle du complément employeur
En parallèle, l’employeur peut devoir compléter partiellement les IJSS. Le régime légal de maintien de salaire suppose notamment une ancienneté minimale et fonctionne par paliers. Le schéma classique est le suivant :
- première période avec un objectif de rémunération proche de 90 % du brut,
- seconde période avec un objectif autour de 66,66 % du brut,
- durée variable selon l’ancienneté.
Mais ce complément n’a pas vocation à durer indéfiniment. Pour beaucoup de salariés, il est épuisé avant même la fin du 3e mois ou du 4e mois selon l’ancienneté. Ainsi, lorsqu’on cherche à estimer un arrêt maladie au-delà de 6 mois, il faut partir de l’idée que le complément légal est souvent nul à ce stade, sauf convention collective plus favorable, accord d’entreprise, régime de prévoyance ou disposition contractuelle spécifique.
Tableau de repères légaux pour le maintien employeur
| Ancienneté | Période à 90 % | Période à 66,66 % | Total théorique de maintien |
|---|---|---|---|
| 1 à 5 ans | 30 jours | 30 jours | 60 jours |
| 6 à 10 ans | 40 jours | 40 jours | 80 jours |
| 11 à 15 ans | 50 jours | 50 jours | 100 jours |
| 16 à 20 ans | 60 jours | 60 jours | 120 jours |
| 21 à 25 ans | 70 jours | 70 jours | 140 jours |
| 26 à 30 ans | 80 jours | 80 jours | 160 jours |
| 31 ans et plus | 90 jours | 90 jours | 180 jours |
Ce tableau aide à comprendre une réalité importante : pour atteindre ou dépasser 6 mois d’arrêt, il faut déjà une très forte ancienneté pour que le maintien légal couvre encore une partie significative de la période. C’est pourquoi les calculs “après 6 mois” sont souvent dominés par les seules IJSS, voire par les prestations de prévoyance si l’entreprise en a mis une en place.
Comment calculer le paiement après 6 mois
Le calcul estimatif le plus utile consiste à suivre quatre étapes simples :
- Déterminer le salaire brut mensuel moyen pris en compte au départ de l’arrêt.
- Appliquer le plafond réglementaire de salaire retenu pour les IJSS.
- Calculer l’IJSS journalière sur la base de 50 % du salaire journalier de base.
- Vérifier si un complément employeur subsiste au mois étudié.
Le simulateur ci-dessus applique cette logique. Il retient un plafond mensuel de référence de 3 243,24 €, correspondant à 1,8 fois le SMIC mensuel brut utilisé ici comme repère de calcul. Le salaire journalier de base est estimé selon la formule suivante :
Salaire journalier de base = (salaire brut mensuel plafonné x 3) / 91,25
Puis :
IJSS journalière brute = 50 % du salaire journalier de base
Ensuite, l’outil projette le montant mensuel en multipliant l’IJSS journalière par le nombre de jours du mois choisi. Si vous cochez le complément employeur légal, le simulateur regarde si ce maintien est encore actif au mois analysé. Dans la majorité des cas à partir du 7e mois, il affiche un complément nul ou marginal, ce qui reflète bien la pratique.
Exemple concret
Imaginons un salarié avec un salaire brut de 2 500 € par mois, 6 ans d’ancienneté et un arrêt maladie ordinaire analysé au 12e mois. Son salaire de référence reste sous le plafond retenu. Son IJSS journalière brute estimée sera d’environ 41,10 €. Sur un mois de 30 jours, cela représente environ 1 232,88 € bruts d’IJSS. Une fois les prélèvements sociaux pris en compte, le net perçu au titre des IJSS sera plus bas. Comme l’ancienneté de 6 ans n’ouvre qu’un maintien légal théorique de 80 jours au total, le complément employeur sera généralement déjà épuisé depuis longtemps au 12e mois.
Repères chiffrés utiles pour 2025
| Indicateur | Valeur de référence | Impact pratique |
|---|---|---|
| SMIC mensuel brut de repère | 1 801,80 € | Utilisé pour dériver le plafond 1,8 SMIC |
| Plafond mensuel retenu pour l’estimation IJSS | 3 243,24 € | Au-delà, la base de calcul n’augmente plus dans ce simulateur |
| Taux standard IJSS maladie | 50 % du salaire journalier de base | Point de départ du calcul mensuel |
| Maladie ordinaire | 360 IJ sur 3 ans | Peut couper les versements avant la fin d’un arrêt prolongé |
| ALD | Jusqu’à 3 ans | Protection plus longue si les conditions médicales sont remplies |
| CSG + CRDS sur IJSS | 6,70 % | Réduit le net versé par rapport au brut affiché |
Pourquoi la perte de revenu peut être forte après 6 mois
La baisse de revenu après 6 mois s’explique par un effet cumulé. D’abord, l’IJSS ne représente qu’une fraction du salaire de référence. Ensuite, le plafond limite l’indemnisation des salaires moyens à élevés. Enfin, le complément employeur légal ne dure pas assez longtemps pour soutenir les arrêts très prolongés. Autrement dit, plus l’arrêt s’étire, plus le salarié dépend d’un mécanisme de base qui n’a pas été conçu pour reproduire intégralement le salaire habituel.
À cela s’ajoute la question de la prévoyance. Dans certaines entreprises, un régime de prévoyance complète les IJSS après une franchise définie. C’est un levier majeur pour réduire la perte de revenu sur les arrêts longs. Si vous êtes cadre, salarié d’une grande entreprise ou couvert par une convention collective protectrice, il est essentiel de vérifier les garanties prévues. Dans la pratique, deux salariés ayant le même salaire peuvent percevoir des montants très différents selon leur convention ou leur contrat de prévoyance.
Cas particuliers à surveiller
1. Affection de longue durée
En ALD, les droits peuvent être ouverts plus longtemps que dans la maladie ordinaire. Cela ne veut pas dire que le montant mensuel explose, mais que la période d’indemnisation peut se prolonger beaucoup plus loin. Pour une personne en arrêt au 18e, 24e ou 30e mois, ce point est déterminant. Le simulateur tient compte de cette différence en maintenant la possibilité de versement sur une durée plus longue lorsque l’option ALD est sélectionnée.
2. Fin des droits en maladie ordinaire
Si votre arrêt est classé en maladie ordinaire, il faut surveiller de près le compteur de jours indemnisés. Une fois la limite atteinte, la CPAM peut cesser les IJSS. Le salarié se retrouve alors face à une chute de revenu bien plus forte, sauf relais par l’invalidité, la prévoyance ou la reprise d’activité. C’est souvent ce point qui surprend les personnes arrivant vers le 13e mois ou au-delà.
3. Convention collective plus favorable
Le droit du travail fixe un socle, mais votre convention collective peut prévoir mieux : maintien plus long, meilleur pourcentage, ancienneté réduite, relais de prévoyance obligatoire ou garanties particulières. Si votre bulletin de paie mentionne une retenue pour prévoyance incapacité, il faut impérativement consulter les conditions exactes du contrat collectif.
Comment bien utiliser ce calculateur
- Saisissez votre salaire brut mensuel moyen le plus fidèle possible.
- Indiquez votre ancienneté réelle au moment de l’arrêt.
- Choisissez le mois d’arrêt à examiner, par exemple le 7e, le 12e ou le 18e mois.
- Sélectionnez maladie ordinaire ou ALD.
- Activez le complément employeur uniquement si vous souhaitez voir l’impact du maintien légal théorique.
Le résultat doit être lu comme une estimation pédagogique. Il ne remplace pas un décompte CPAM, un bulletin de paie, ni les dispositions particulières d’une convention collective. En revanche, il est très utile pour visualiser rapidement votre niveau de rémunération probable au-delà de 6 mois et pour anticiper une éventuelle baisse de trésorerie personnelle.
Que faire si le montant estimé semble trop faible ?
Si votre résultat est inférieur à ce que vous percevez réellement ou à ce que vous espérez, vérifiez en priorité :
- si votre entreprise applique un régime de prévoyance incapacité,
- si votre convention collective prévoit un maintien supérieur au minimum légal,
- si votre arrêt est reconnu en ALD,
- si vous avez atteint ou non la limite de 360 IJ en maladie ordinaire,
- si votre salaire de référence dépasse le plafond retenu.
Dans un dossier de longue maladie, l’anticipation est essentielle. Il est souvent utile de demander à l’employeur un récapitulatif de maintien de salaire, de consulter les relevés CPAM et d’examiner le contrat de prévoyance. Une simple différence de statut conventionnel peut représenter plusieurs centaines d’euros par mois.
Sources et liens utiles
Pour compléter cette estimation, vous pouvez consulter des sources institutionnelles et académiques sur l’indemnisation des arrêts maladie et la protection du revenu :
En résumé, le calcul du paiement d’un arrêt maladie au-delà de 6 mois repose surtout sur le niveau des IJSS, la durée maximale d’indemnisation, l’éventuelle qualification en ALD et l’existence ou non d’un complément employeur ou d’une prévoyance. Le simulateur ci-dessus vous donne une projection immédiate, claire et exploitable pour préparer votre budget.