Calcul D G N Rescence Hamiltonien Couplage L S

Calculateur quantique LS

Calcul dégénérescence hamiltonien couplage l s

Cet outil calcule la structure en sous-niveaux d’un hamiltonien de couplage spin-orbite de type H = A L·S. Entrez les nombres quantiques orbitaux et de spin, ainsi que la constante de couplage, pour obtenir les valeurs possibles de J, les énergies E(J) = A/2 [J(J+1)-L(L+1)-S(S+1)], la dégénérescence de chaque sous-niveau g(J)=2J+1 et la conservation de la dégénérescence totale (2L+1)(2S+1).

Calculateur interactif

Rappel théorique :
Les valeurs autorisées de J sont |L-S|, |L-S|+1, …, L+S. Chaque niveau possède une dégénérescence magnétique 2J+1.
Astuce : si A > 0, les niveaux de plus faible J sont plus bas en énergie. Si A < 0, l’ordre s’inverse.

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Guide expert : comprendre le calcul de dégénérescence pour un hamiltonien en couplage l s

Le calcul de dégénérescence d’un hamiltonien en couplage l s est un sujet central en mécanique quantique atomique, en spectroscopie et en physique des structures fines. Lorsqu’un système possède un moment orbital total L et un moment de spin total S, l’introduction d’un terme de couplage spin-orbite modifie la structure énergétique et lève partiellement une dégénérescence initiale. Avant le couplage, les états associés à toutes les projections magnétiques de L et S sont regroupés dans un même multiplet de dimension (2L+1)(2S+1). Une fois le terme H = A L·S pris en compte, cette grande dégénérescence se redistribue en sous-niveaux indexés par le moment angulaire total J.

Dans l’approximation du couplage LS, aussi appelée couplage de Russell-Saunders, on suppose que les interactions électrostatiques entre électrons déterminent d’abord les valeurs de L et S, puis que le couplage spin-orbite agit comme une correction plus faible. Cette approximation est très efficace pour les atomes légers et reste un excellent point d’entrée pédagogique pour interpréter les raies spectrales, les multiplets atomiques et la logique des symboles de terme ^{2S+1}L_J.

1. Formule fondamentale du hamiltonien de couplage

Le modèle standard écrit le terme de couplage sous la forme H = A L·S, où A représente la force effective du couplage spin-orbite. En utilisant l’identité vectorielle J = L + S, on obtient immédiatement :

L·S = [J(J+1) – L(L+1) – S(S+1)] / 2

et donc l’énergie de chaque sous-niveau :

E(J) = A/2 [J(J+1) – L(L+1) – S(S+1)].

Cette expression est la base du calculateur présenté plus haut. Elle permet de déterminer comment un multiplet initial se scinde dès que L, S et A sont connus.

2. Valeurs possibles de J et origine de la dégénérescence

En mécanique quantique, l’addition des moments angulaires impose que le moment total J prenne les valeurs :

  • J = |L-S|
  • J = |L-S| + 1
  • J = L + S

Pour chaque valeur de J, la dégénérescence magnétique vaut g_J = 2J + 1. Le point crucial est que la somme de toutes les dégénérescences partielles redonne toujours la dégénérescence totale initiale :

Σ(2J+1) = (2L+1)(2S+1).

Cette relation exprime une conservation du nombre total d’états quantiques. Le couplage LS ne crée ni ne détruit d’états : il les réorganise en sous-niveaux d’énergie distincts.

3. Méthode complète de calcul pas à pas

  1. Choisir les valeurs de L et S.
  2. Construire la série des J autorisés entre |L-S| et L+S.
  3. Calculer l’énergie de chaque niveau avec la formule de Landé du couplage spin-orbite.
  4. Attribuer à chaque niveau sa dégénérescence 2J+1.
  5. Vérifier que la somme des dégénérescences correspond bien à (2L+1)(2S+1).
  6. Classer les niveaux en énergie croissante ou décroissante selon le signe de A.

Prenons un exemple simple et très fréquent : L = 1 et S = 1/2, ce qui correspond à un terme ²P. Les valeurs possibles sont alors J = 1/2 et J = 3/2. Les dégénérescences respectives sont 2 et 4. Le total est bien 6, exactement égal à (2L+1)(2S+1)=3×2. Le couplage spin-orbite transforme donc un multiplet sextuple en deux sous-niveaux séparés, l’un doublement dégénéré, l’autre quadruplement dégénéré.

4. Interprétation physique du signe de A

Le signe de la constante A détermine l’ordre énergétique des sous-niveaux. Si A > 0, l’énergie augmente globalement avec la quantité J(J+1), donc les niveaux de petit J se trouvent plus bas. Si A < 0, c’est l’inverse. En pratique, ce signe dépend du détail de la structure atomique, du remplissage électronique et de la description effective du couplage spin-orbite.

Ce point est essentiel pour l’analyse spectroscopique. Deux multiplets ayant la même famille de valeurs de J peuvent présenter des ordres de raies inversés si la constante effective de couplage change de signe. Le calcul de dégénérescence ne suffit donc pas à lui seul pour ordonner le diagramme : l’information énergétique via A est indispensable.

5. Règle des intervalles de Landé

Lorsque l’hamiltonien est strictement proportionnel à L·S, les écarts entre niveaux successifs obéissent à la règle des intervalles de Landé :

E(J) – E(J-1) = A J.

Cela signifie que les espacements entre sous-niveaux ne sont pas arbitraires. Ils croissent linéairement avec J. Cette propriété est extrêmement utile pour reconnaître un multiplet expérimental dans des spectres atomiques de haute résolution.

6. Table de comparaison : multiplets classiques et dégénérescences exactes

Terme L S Valeurs de J Dégénérescences par J Total
²P 1 1/2 1/2, 3/2 2, 4 6
³P 1 1 0, 1, 2 1, 3, 5 9
²D 2 1/2 3/2, 5/2 4, 6 10
³D 2 1 1, 2, 3 3, 5, 7 15
⁴F 3 3/2 3/2, 5/2, 7/2, 9/2 4, 6, 8, 10 28

Cette table montre très clairement la logique combinatoire du couplage LS. Plus les valeurs de L et de S sont grandes, plus le nombre total d’états augmente, et plus la structure de scission en J devient riche. Pour l’analyse atomique, cela se traduit par des multiplets plus complexes, avec davantage de sous-raies autorisées selon les règles de sélection optiques.

7. Données spectroscopiques réelles : doublets alcalins observés

Les doublets des métaux alcalins illustrent parfaitement le couplage spin-orbite d’un électron de valence dans un terme ²P. Les longueurs d’onde ci-dessous sont des valeurs expérimentales couramment rapportées dans les bases spectroscopiques de référence, notamment NIST. Elles montrent que la scission spin-orbite devient plus importante quand le numéro atomique augmente.

Atome Raie D1 Raie D2 Écart approximatif en longueur d’onde Interprétation LS
Na I 589.592 nm 588.995 nm 0.597 nm ²P1/2 vs ²P3/2
K I 770.108 nm 766.701 nm 3.407 nm ²P1/2 vs ²P3/2
Rb I 794.979 nm 780.241 nm 14.738 nm ²P1/2 vs ²P3/2
Cs I 894.593 nm 852.113 nm 42.480 nm ²P1/2 vs ²P3/2

On observe une tendance nette : la séparation due au couplage spin-orbite croît fortement des atomes légers vers les plus lourds. Cela reflète l’augmentation des effets relativistes dans les couches externes. Le calculateur proposé ici ne remplace pas un calcul atomique ab initio complet, mais il reproduit fidèlement la logique fondamentale de la scission en sous-niveaux pour un multiplet déjà identifié.

8. Ce que signifie réellement la dégénérescence dans ce contexte

Il est utile de distinguer deux idées. D’abord, la dégénérescence structurelle du multiplet initial, donnée par (2L+1)(2S+1). Ensuite, la dégénérescence résiduelle de chaque sous-niveau J, donnée par 2J+1. Le couplage spin-orbite ne supprime pas forcément toute dégénérescence : chaque niveau d’énergie reste encore multiple tant qu’aucun champ externe n’est appliqué. Un champ magnétique supplémentaire provoquerait par exemple un éclatement Zeeman entre les différentes projections M_J.

9. Erreurs fréquentes dans les calculs manuels

  • Confondre l d’un électron individuel avec L total du système.
  • Oublier que S peut être demi-entier.
  • Utiliser une suite de J incorrecte, surtout lorsque L et S diffèrent fortement.
  • Attribuer une mauvaise dégénérescence en écrivant 2L+1 à la place de 2J+1 après couplage.
  • Perdre le facteur 1/2 dans l’expression de l’énergie.
  • Ignorer le signe de A, ce qui inverse l’ordre des niveaux.

En pratique, la meilleure stratégie consiste à séparer le problème en trois blocs : géométrie des moments angulaires, énergie des sous-niveaux, puis comptage exact des états. C’est précisément la logique automatisée du calculateur.

10. Cas limites et interprétation avancée

Si L = 0 ou S = 0, le couplage L·S s’annule ou devient trivial. Il n’existe alors qu’une seule valeur de J, et il n’y a pas de structure fine interne liée au couplage LS. À l’inverse, pour des multiplets avec valeurs élevées de L et S, le nombre de sous-niveaux augmente et la règle des intervalles de Landé devient un outil puissant d’identification.

Il faut aussi rappeler que le schéma LS n’est qu’une approximation. Pour les atomes lourds, le couplage jj peut devenir plus pertinent, et des effets de configuration ou de mélange d’états peuvent perturber l’image simple du hamiltonien A L·S. Malgré cela, le modèle reste fondamental, car il fournit l’architecture conceptuelle sur laquelle s’appuient ensuite les descriptions plus avancées.

11. Comment exploiter le calculateur de cette page

Saisissez d’abord le L du terme considéré, puis le S total. Si vous disposez d’une constante de couplage extraite d’un ajustement expérimental ou d’un cours, renseignez-la dans le champ A. Le calculateur affiche alors :

  • la liste complète des valeurs de J,
  • l’énergie de chaque sous-niveau,
  • la dégénérescence de chaque niveau,
  • la somme des dégénérescences,
  • un graphique comparant les énergies et les multiplicités.

Cette représentation est particulièrement utile pour les étudiants en licence, master, classes préparatoires, mais aussi pour les enseignants qui souhaitent illustrer rapidement l’effet du couplage spin-orbite sur la levée de dégénérescence.

12. Références d’autorité pour approfondir

Pour vérifier les données spectroscopiques et approfondir la théorie, vous pouvez consulter les sources académiques et institutionnelles suivantes :

13. Conclusion

Le calcul de dégénérescence d’un hamiltonien de couplage l s repose sur une idée simple mais extrêmement féconde : un multiplet défini par L et S se redistribue en sous-niveaux de moment total J, chacun possédant sa propre énergie et sa propre dégénérescence. Les formules E(J) = A/2 [J(J+1)-L(L+1)-S(S+1)] et g_J = 2J+1 suffisent à reconstruire toute la structure fine dans le cadre du modèle LS. Si vous cherchez un outil pratique pour explorer rapidement cette physique, le calculateur ci-dessus fournit une visualisation immédiate, rigoureuse et exploitable en contexte pédagogique comme en première analyse spectroscopique.

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